"Laisse moi du temps."





Arrive un moment ou ça lâche. Ca craque. Le fil ne tient plus. Un maniaque sadique a pris un malin plaisir à user le fil avec un couteau pendant près de deux mois et arrive le moment où arrive ce qui devait arriver. La tension s'accumule, le stress, la fatigue, les angoisses pseudos-existentielles, les doutes. Plus rien ne va, tout s'est retourné. On est passé du monde des bisounours au monde des grands. MERDE. On aurait besoin de parler, de tout dire, de tout confier, de le crier. Mais non, ce serait trop simple. Pas assez compliqué et torturé. Au début on n'y croit pas. Tout ce qu'on nous dit dès qu'on a prononcé les mots sans issue: "je vais en prépa". On se dit simplement qu'ils exagèrent. Que ça ne peut pas être si terrible que ça. Que c'est pour nous effrayer. Comme les rites d'initiation. On se rend vite compte qu'ils étaient en dessous de la réalité. Ce n'est pas qu'une question de travail. On est dans une perspective de réussite. De réussite forcée. Elite de la nation. Quelle purge. Ce qui est oppressant, ce n'est pas tant le travail. C'est la révélation. S'apercevoir que nous ne sommes rien, que nous ne savons rien, que nous ne sommes capable de rien. Ni mauvais, ni bons. Juste rien. Qu'il y a tellement de choses à savoir, et si peu de temps pour les apprendre. Qu'on en vient à rêver de journées de 30h, juste pour avoir plus de temps. Parce que plus on travaille, plus on est fatigué, plus on dort, moins on a de temps. Il reste une semaine avant les vacances, et on voit cette semaine comme la plus longue de notre vie, la plus éprouvante. Un obstacle de plus, dont la perspective même nous donne la nausée, la migraine, des vertiges. C'est la dépression. L'overdose. On pleure en riant, rire donne envie de pleurer. PLEURIRE. On voudrait sortir, s'amuser, voir du monde. Mais même manger nous donne des sueurs froides de culpabilité. On se nourrit de café, de vitamines, et de barres céréales. Que faut-il sacrifier, le déjeuner de midi, ou la dissert de français ? On sacrifie le déjeuner. Et le plus triste ? Ca ne les valait même pas. La dissert de français se retrouve donc coincée dans la gorge comme un plat mal digéré. Le plat qu'on n'a pas mangé. Tous les autres disent pareil. "Quelle idée de faire la prépa, quelle folie, tu vas gâcher deux ans de ta vie à travailler." Ils ont touché juste. La consolation ? Un éventuel meilleur avenir. Qui vivra verra.


En a marre de passer après, en a marre de se sentir comme ça.

# Posté le samedi 17 octobre 2009 09:16

Modifié le dimanche 18 octobre 2009 16:01

L'hyocrisie est un hommage du vice rendu à la vertu.




"J'aurais voulu écrire un livre sur rien". Ce parieur. Un folichon avéré ce Flaubert. Atque, ego narro. Le dialecte latin est l'éminence de la cognition. Bon, je cesse. Parler dans un langage qui n'est pas le mien est comme sauter à parachute sans croire en Dieu. On nous a conseillé d'écrire. De beaucoup écrire. C'est con, parce que je n'ai pas eu philo, et le cours de philo est de loin le plus interessant de la semaine. "Parce que Descartes, lui, il rêvait en latin, bande de chiens." Prochaine étape: le rêve en latin. Mais non, mauvaise idée, je serais tentée de rêver à de mauvaises choses. Par exemple: et si on étranglait ces demeurées qui ne comprennent toujours pas ce qu'est un putain de COD en latin. ET en français. Et si on tuait par derrière ces idiotes qui te chantent de la variété pour minettes dégénérées quand tu ne rêves que de te coucher. Et si on allait vomir ce trop plein d'anxiété, cet excès de café trop sucré, cette accumulation de vitamines C, ce surplus de fatigue. Si seulement on pouvait vomir la fatigue. Mon petit monde, mon petit cosmos si bien organisé en théorie, par nature, est tout d'un coup devenu chaos. Le monde où je savais écrire, penser, théoriser, argumenter a muté. Maintenant je ne sais pas écrire, je pense en surface, je théorise comme une STG, et j'argumente comme une vendeuse de fromage reconstitué. In the fucking TWINKLING of an eye.

Je pense à un tas de choses. Un nombre effrayant de choses. Bizarrement, je m'en fais moins pour les études. Je devrais être angoissée. C'est l'inverse, je travaille juste sans me poser de questions. Ca va plus vite comme ça.

Mais philosophons. Je décide de philosopher. La clef de tout, c'est l'entrainement. "Qui sait sa langue sait assez de philosophie."

Sujet 1: qu'est-ce que l'amour ?

"Lorsqu'on aime, on n'aime plus personne." Marcel PROUST, Un amour de Swan. On dit souvent de quelque chose ou de quelqu'un qu'on apprécie qu'on l'aime. Ainsi j'aime - je choisis de renier les règles de dissertation classique puisque c'est ma dissertation - les macarons. Mais je les aime parce qu'ils sont sucrés, et plaisent ainsi à mes papilles, parce qu'ils sont colorés et plaisent alors à mes yeux. Les aimerais-je autant s'ils étaient, je ne sais pas, gris ? A moins que je n'aime dans les macarons que leur essence même. Mais peut-on aimer l'essence même du macaron ? Bref, tout cela nous amène à nous demander la raison. La raison de quoi ? La raison pour laquelle nous pensons aimer ceci ou cela. D'après je ne sais plus quel philosophe, il était systématiquement attiré par le même genre de fille, parce que dans son enfance il était amoureux d'une fille de ce genre. Le genre qui louche. Mais l'amour n'est pas une simple attirance ? Ce pourrait être un sentiment entièrement pur, sans trace d'aucune corruption de la chair ? Un jour, une blondasse que j'aime - j'expliquerais plus tard pourquoi je l'aime - a dit: sans sexe, pas de relation. C'est brut, froid, net, tranché, sans issue de secours. Conduit alors à une énième question: de l'amour, découle une relation. Une relation peut-elle être sans contact physique ? L'amour platonique est-il une utopie ou une réalité abordable ? Envisageable ? Ce qui continue tout de même à me titiller, c'est : comment sait-on que l'on aime ? Qu'est-ce qui prouve que l'on aime ? L'amour peut-il se prouver ? Toutes ces interrogations convergent vers une seule: qu'est-ce que cet amour, dont parlent sans discontinuer tous les genres littéraires, dont il est question dans tous les volumes des L&M ? Qu'est-ce que cette chose mystérieuse que bon nombres d'écrivains croient connaitre, et pis, être en mesure d'analyser et de raconter. Mais l'amour ne se raconte pas. Depuis quand raconte-t-on l'inracontable ? Depuis quand essaye-t-on de figer ce qui ne peut être immobile ? On ne raconte pas le mouvement, peut-on dire l'amour ?

Chers lecteurs, méditez, je reviendrai avec des réponses et surtout beaucoup d'autres questions.

"On n'aime pas ce qui est beau, on trouve beau ce qu'on aime."


Mathilde PERIER.

# Posté le samedi 12 septembre 2009 16:11

Modifié le jeudi 08 octobre 2009 16:07

"NON, CE N'EST PAS LA RENTREE, VOUS AVEZ GAGNE UN AN DE VACANCES SUPLEMENTAIRE, BRAVO A VOUS !"





Je me sens mourir. J'ai toujours envie de vomir, à la minute même où je pense à la rentrée. Et ce connard. Mais je vais me faire nonne ! Je n'ai même pas le courage d'écrire. Tout le monde s'en fout de toute façon. Surtout vu ce que je raconte. Ca tourne débilement en rond. Les devoirs, la littérature, les mecs. Et puis je m'ennuie. Enfin je m'ennuie tout en ayant des tonnes de trucs à faire. C'est très contradictoire. J'ai fais du Latin aujourd'hui. BACK IN THE PAST. C'est plus facile que le grec, et tout aussi chiant que dans mes souvenirs.

Est-ce normal d'avoir des envies de meurtre ? Je me fais avoir. J'en suis presque persuadée. C'est MME B. qui raison. "En prépa pas de régime et pas d'amourettes." Pas besoin de régimes sans copains, et pas de copains sans régimes. EQUATION PARFAITE. Je vais aussi arrêter de me maquiller comme ça je serais peut-être comme toi Clém, jolie au naturel. Ah mais d'après lui je suis naturelle. C'est quoi le naturel ? YA PAS DE NATUREL ! Nous sommes des putains d'être de culture, voués à la souffrance puisque savants.

Mais le célibat est la délivrance. Non, c'est juste une forme plus élaborée, et plus savamment cachée d'emprisonnement. Je me suis fait TWILIGHT l'autre soir. Ou Crépuscule comme dit K. Elle a de la chance Bella. Moi aussi je voudrais un garçon qui m'emmène en haut des arbres - ça doit être une métaphore pour dire qu'il l'emmène au 7e ciel. Et puis bon, elle est jolie cette fille en plus. Et le pire c'est qu'elle est tellement mal fringuée dans le film. Ce qui ne colle pas aux photos de promo où elle s'exhibe dans des robes de couturiers.

Je me suis fait un cadeau - le jour où on s'offre des cadeaux c'est quand on a touché le fond, comme Kuzco avec son palais en haut de la colline de Pacha. "MERCI MOI". J'ai acheté une énième paire de Repetto. Mais elles sont...adorables. Le modèle Bardot. Juste pour changer. Mais j'ai un nouvel objectif: les paires créées au nom de stars ! Ils doivent les vendre à Paris. C'est forcé.

Bon, en fait, j'en ai marre. Je vais m'en aller. Ca vaut mieux. Je vais me mettre à vomir de l'eau par les yeux sinon. Oui je sais ragoutant. Ca ressemble à un style d'une certaine personne.

PS: j'ai refais ma chambre clém, elle est jolie :)


Mathilde.

# Posté le jeudi 27 août 2009 16:50

Indécision / Decision

Indécision / Decision




Une handicapée des relations, une paralysée des émotions. Ca sonne joliment. On en ferait une chanson de variété pour ados en crise.

Je pense que Voyage au bout de Nuit est celui qui m'a le plus marqué. De tous ceux que j'ai lu ces deux mois ci. Je ne comprends pas pourquoi tu ne l'aimes pas Clém, faudra que tu m'expliques dans une de tes cyber lettres.

"Mais si! qu'il lui a répondu. Que j'en ai du courage! et sûrement bien autant que toi ! ... Seulement moi si tu veux tout savoir ... Tout absolument... Eh bien, c'est tout, qui me répugne et qui me dégoûte à présent ! Pas seulement toi ! ... Tout ! ... L'amour surtout ! ... Le tien aussi bien que celui des autres... Les trucs aux sentiments que tu veux faire, veux-tu que je te dise à quoi ça ressemble moi ? Ca ressemble à faire l'amour dans des chiottes ! Tu me comprends-t-y à présent ? ... Et tous les sentiments que tu vas chercher pour que je reste avec toi collé, ça me fait l'effet d'insultes si tu veux savoir... Et tu t'en doutes même pas en plus parce que c'est toi qui es une dégueulasse parce que tu t'en rends pas compte... Et tu t'en doutes même pas non plus que tu es une dégoûtante ! Ca te suffit de répéter tout ce que bavent les autres... Tu trouves ça régulier... Ca te suffit parce qu'ils t'ont raconté les autres qu'il y avait pas mieux que l'amour et que ça prendrait avec tout le monde et toujours... Eh bien moi je l'emmerde leur amour à tout le monde ! ... Tu m'entends ? Plus avec moi que ça prend ma fille... leur dégueulasse d'amour! ... Tu tombes de travers !... T'arrives trop tard ! Ca prend plus, voilà tout !... Et c'est pour ça que tu te mets dans les colères ! ... T'y tiens quand même toi à faire l'amour au milieu de tout ce qui se passe ? ... De tout ce qu'on voit ? ... Ou bien c'est-y que tu vois rien ? ... Je crois plutôt que tu t'en fous ! ... Tu fais la sentimentale pendant que t'es une brute comme pas une... Tu veux en bouffer de la viande pourrie ? Avec ta sauce à la tendresse ? ... Ca passe alors ? ... Pas à moi ! ... Si tu sens rien tant mieux pour toi ! C'est que t'as le nez bouché ! Faut être abrutis comme vous l'êtes tous pour pas que ça vous dégoûte... Tu cherches à savoir ce qu'il y a entre toi et moi ? ... Eh bien entre toi et moi, y a toute la vie... Ca te suffit pas des fois ?"

C'est con. Je suis idiote. Une jolie idiote. Une grasse idiote. Une littéraire idiote. Une grande idiote. Une idiote detestablement adorable. Une idiote idiotement faussement non amoureuse. Une IDIOTE. Mais ça ne doit pas se soigner.

"Qu'est-ce que ça représente vraiment ? - Toi d'abord. - Les trois. - Les trois aussi."

Il l'aime, dommage. Elle n'est pas aimable. Ou bien je me trompe. Elle semble juste refuser d'être aimée. A moins qu'elle se décide.

L'amour est passé de mode.



Mathilde.

# Posté le vendredi 21 août 2009 17:13

"C'est l'amour - Oula c'est un bien grand mot. - Oh non, pas tant que ça, seulement 5 lettres."

"C'est l'amour - Oula c'est un bien grand mot. - Oh non, pas tant que ça, seulement 5 lettres."



Minuit 24. Fou. On est déjà demain. Les vacances filent comme les porsches sur l'autoroute. C'est très joli, mais ça va un peu trop vite. Mes métaphores sont ravissantes, il n'y a pas à dire. C'est fou de toujours finir par se retrouver seule devant son ordi en pleine nuit. Mais si c'est comme hier soir, à ne pas être foutue de s'endormir avant 1h, autant être là à débiter des conneries inutiles sur mon contingent de blog. Contingent. C'est chouette comme mot. Ca fait intelligent. "Dans un accès de fièvre parfois je t'imagine".

Dissertons sur l'utilisation des vêtements d'hommes. Même si vous - lecteur imaginaire, de moins en moins imaginaire au fil des jours - et moi savons très bien que nous nous en fichons. Si si, exemple. Depuis une semaine je vis en homme. Je ne porte que des chemises, je relègue les soutiens gorges au placard - qui ne servent à rien, et que bien jolis, sexy, etc, donnent le cancer du sein - et j'enduis les murs avec du plâtre comme un ouvrier immigré payé au black. Sauf que je ne suis pas payée, ni bronzée. OK, je m'égare. Clémentine va vraiment finir par ne plus m'adresser la parole. BY THE WAY : J'ai trouvé ton mot dans mon carnet de mes pensées :) Sauf que je suis une inculte - et google aussi - je n'ai pas été foutue de trouver qui était Meretrix chouette. Une catin je suppose ? Ou un truc dans le genre ? Même si à mon avis, je n'avais pas l'air d'une catin ce soir là. Si ? Non.

Il me reste 3 bouquins 2/3 à lire. J'en suis à un tiers de Apprendre à Vivre par Luc Ferry. Il me reste Gargantua, Gorgias, et les dialogues des orateurs de Tacite - j'ai dit Thucidide à l'autre orgueilleux de vendeur chez Flammarion, il m'a regardée comme une extra terrestre. Pour perdre un peu des neurones et de la connaissance que j'ai engrené dans la journée grâce à l'amas de bouquins que je me tape, je regarde SKINS le soir. "Skins ? C'est quoi ? - Bah c'est une série anglaise, et ça raconte la vie d'ados, mais tu vois la vraie vie ! - Sauf que c'est pas la tienne." Oui, parce que dans SKINS, ils boivent, se droguent, et s'envoient en l'air. " Tu veux que je te montre comment on...?". J'en suis à la saison 3. Pas très dur de se faire les 3 saisons en 2 semaines. Ca donnerait presque envie d'être un junky. "Like Chris would say : FUCK IT."

J'ai lu Mme BOVARY. Quelle idiote. Je m'attendais à un truc romantique - les trucs que j'aime bien, une héroine pas douée mais avec un bon fond. Tu parles, j'oubliais juste que j'avais affaire à Flaubert. Flaubert le roi des anti-héros ! J'aurais du m'y attendre. Mais quelle pomme cette pauvre Emma. Et dire qu'elle était brune. La femme type. Enfin, l'écervelée jolie type plutôt. La pauvre idiote qui pense qu'avec un autre ce serait mieux. Et qui même avec un mari et deux amants continue à attendre le prince charmant sur son cheval blanc. Mais même moi je ne l'attends plus. MEME MOI ! Ah mais oui, je suis défaitiste. "Après tout, est-ce que ce sera vraiment mieux avec un autre". Mais l'amour durable existe, j'y crois. BLAGUE. Regardons nos parents. Je refuse de croire qu'ils restent ensemble parce qu'ils brulent d'amour l'un pour l'autre. Même s'ils essayent de nous le faire croire. C'est juste l'habitude. Le mariage tue. Bon, je vais avoir du mal à avancer si je me braque directement sur le futur. Je vis au futur antérieur. Quand ça m'arrivera, je pourrais dire: "Ca va, je le savais de toute façon." Merci L.F ton bouquin d'ex ministre redevenu piteux prof de philo me trotte dans la tête, jusqu'à me déglinguer mes préjugés. J'ai chaud affreusement. Je vais devenir nudiste. Chut Mathilde.

C'est fou ce que notre génération est antithétique. Moitié débauche, moitié collet monté, et il reste un pourcentage de plus, qui allie les deux. Les débauchés sous des airs de saint, et les coincés sous des airs de dégénérés. " QUOI ? Un mois !". Eh oh, on se réveille, on n'a plus 10 ans. Quelle génération de balais. Et après, ça montre les autre du doigt, faut aller se regarder dans un miroir avant. Enfin, pas chez moi, mon miroir est coincé entre mon lit et mon canapé. Ma chambre est furieusement verte et outrageusement rose. Ai-je précisé que c'était le bordel ? Un bordel plus impressionnant que celui de Kaboul. Ya un bordel hein à Kaboul ? Bah, y'en a partout. DEFI: en trouver un à Lozanne. "On est où déjà ? - A Lozanne. - Ah oui, comment ça s'écrit ? Ah mince, bon tant pis, ton chèque aura été fait en Suisse, et le 2e en France."

On ne peut plus rien dire. Retournons aux années de la révolution. BACK IN 68. Je me sens sleeping ugly, let's go to our scary bed. Effrayant parce que je suis seule dedans bien sûr !

Mathilde.

# Posté le mardi 18 août 2009 19:00